Expo Gweledigezh

A l'occasion du centenaire de sa naissance puis de sa mort, Monig Loosen-Baron a illustré des textes du poète groisillon Yann-Ber Kalloc'h.
Une exposition à découvrir au 2ème étage du Palais des Arts dimanche 9 avril lors de Tradi'Deiz.

En 1988, l’île de Groix marque par une semaine d’événements le centième anniversaire de la naissance de son barde. 17 animations regroupent plus de 7 000 personnes. Parmi les manifestations, une exposition de dessins illustrant des textes d’Ar en deulin.
Le titre de cette exposition, Gweledigezh (vision), est le titre d’un texte de Jean-Pierre Calloc’h. C’est le regard porté sur le poète par une autre artiste qui a découvert son oeuvre un siècle plus tard.
Cette exposition entreprend ensuite un long voyage vers Lorient, Sainte-Anne-d’Auray, Auray, Vannes, Paris, Ypres (Belgique), Saint-Brieuc, Guingamp, Cherbourg, Brest, Brec’h, Pontivy, Redon, Hennebont, Nantes et Londres, à l’invitation de Yehudi Menuhin et du Duc de Kent par l’entremise de l’ambassade d’Italie en Angleterre où Jean-Pierre Calloc’h est beaucoup plus connu qu’en Bretagne.
A l’occasion cette fois du centième anniversaire de la mort du poète en 2017, cette exposition de dessins et poèmes ressort de ses cartons, augmentée des peintures abstraites de Monig Loosen-Baron.

 

Yann-Bêr Kalloc’h

D’an 21 a viz Gourhelen 1888 e tigoras Yann-Bêr Kalloc’h e zaoulagad war ar bed-mañ, en un tiad pesketaerion a enezenn Groe, e Breizh. D’ar 10 a viz Ebrel 1917 e varwas war dachenn ar brezel, en e 29 vle. Dindan an hanw-bluenn Bleimor e skrivas ul levr a-bouez : àr en deulin, lec’h ma tiskouezas e awen don troet en ur yezh dispar. E enezenn, Breizh, e yezh hag e feiz a daolennas. E oberenn a reker degemer evel unan ag ar pazennoù talvoudusañ e lennegezh vroadel Breizh, rag Bleimor eo a zigoras war honnañ ar bed a-bezh.

Yann-Bêr Kalloc’h est né à l’Ile de Groix en Bretagne le 21 Juillet 1888 dans une famille de marins-pêcheurs. Il fut tué à la guerre le 10 avril 1917. Il n’avait pas 29 ans. Sous le pseudonyme de Bleimor (loup de mer) il écrivit un grand livre « Ar en deulin » (à genoux) dont l’interêt réside dans l’emploi d’une langue admirable au service d’une inspiration profonde. Il illustra son ile, la Bretagne, sa langue, sa foi. Son oeuvre marque une étape importante de l’histoire de la littérature nationale bretonne qui par lui atteint l’universel.
 

Monig Loosen-Baron

L’auteure des dessins et peintures de ce livret, Monig Loosen-Baron, est née en 1944 dans les Ardennes. Après avoir vécu au Maroc, elle étudie aux Beaux-Arts de Tours puis à l’ENSAD à Paris. Elle enseigne les arts plastiques en collège et lycée à partir de mai 1968, à Paris et Conflans, puis à Vannes de 1974 à 2005 au collège du Sacré-Coeur et au lycée Saint-Paul. Elle est attirée par le surréalisme, l’abstraction et tout ce qui concerne la Bretagne : ses paysages et légendes, architecture et traditions, qu’elle transmet à ses élèves à travers ses cours. Devenue bretonne de cœur, elle organise dans ce sens de nombreux concours de dessin et peinture.

An oberoures : D’an 16 a vis an Azvent 1944 ema ganet Monig Loosen-Baron e Balan (Ardennes), hag eno e vewas beteg an oad a 6 vle. Goude ur pennad er Marok e achuas he studi e skol an Arzoù-Kaer e Tours, lec ‘h ma tapas ar c’hIC.A.F.A.S, hag en E.N.S.A.D. e Paris ( Skol - Veur Vroadel an Arzoù. A-c’houde 1968 ema é kelenn an Arzoù-Kaer e skolajoù hag e lisseoù, e Paris da gentarmi hag e Gwened goude. Dedennet eo ged an dreist-wirvoudelezh, an arouezelezh, an diheverz, zoken ar marzhoù hag an huneal.

Une critique de l'expo initiale

Une invitation à faire connaissance avec l’auteur d’Ar en Deulin (A genoux) qui a su merveilleusement sublimer sa vie à travers ses oeuvres, chantant à la fois l’espérance et la mort. Monique Baron-Loosen, professeur d’arts plastiques au lycée Saint-Paul et collège Le Sacré-Coeur de Vannes, a fait une lecture picturale de cette pièce poétique immense. Elle en a retenu une vingtaine de morceaux qu’elle a transposé en images. Un texte bilingue alimente chacune de ces illustrations qui transcendent les thèmes si chers au poète. Les dessins au crayon traduisent fidèlement une suite de complaintes et de prières sur la vie du marin, l’angoisse des familles, l’attachement au terroir, le mal du pays, la guerre et ses horreurs, le mysticisme celtique. La courbe délicate, l’élan des formes, la symbolique des compositions, la sensibilité subtile de Monique Baron-Loosen mettent en lumière la musique sobre et douloureuse de l’homme déchiré, de Bleimor, de la solitude du guetteur silencieux. Une exposition originale, présentée en de nombreuses régions de France, à Paris, et au King’s Collège de Londres. C’est l’âme d’un peuple qui ressuscite par l’image !

A. Dessymoulie
Le Journal de Pontivy